Propriétaire inspectant le sous-sol de sa maison québécoise avec lampe de poche pour détecter une infestation de rongeurs
Publié le 10 février 2026

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif. En cas de doute sur les risques sanitaires ou face à une infestation importante, consultez un exterminateur certifié et, si des symptômes de santé apparaissent, contactez Info-Santé 811.

Des grattements dans les murs la nuit. Des petites crottes noires derrière le poêle. Une odeur bizarre dans le grenier. Votre instinct vous dit qu’il y a quelque chose, mais vous n’êtes pas certain. C’est normal d’hésiter. Sur la Rive-Nord, j’interviens souvent chez des propriétaires qui ont attendu des semaines avant d’appeler, espérant que « ça passe ». Soyons clairs : ça ne passe jamais tout seul.

L’essentiel à retenir sur les infestations de rongeurs

  • Un rongeur vu ou entendu signifie rarement un cas isolé — les colonies s’installent vite
  • Les crottes fraîches (brillantes, molles) indiquent une activité récente
  • L’automne est la période critique d’intrusion au Québec
  • Jamais de balayage à sec des déjections — risque d’inhaler des particules contaminées
  • Une souris peut passer par un trou de la taille d’une pièce de dix cents

Les signes qui ne trompent pas : avez-vous vraiment des rongeurs ?

J’ai accompagné Louise l’année passée. Elle m’a appelé pour « un petit bruit dans le grenier, probablement juste une souris de passage ». Cinquante-huit ans, retraitée de l’enseignement, maison unifamiliale à Terrebonne près d’un boisé. Elle entendait des grattements depuis trois semaines. À l’inspection, j’ai découvert quatre nids distincts et plus de quarante crottes fraîches dans l’isolation. Pas une souris. Une colonie installée.

Ce cas m’a marqué parce qu’il illustre ce que je vois constamment : on minimise les premiers signes. Trois semaines de grattements, c’est déjà beaucoup. J’aurais aimé intervenir deux semaines plus tôt.

Zone de passage typique des rongeurs montrant des traces de gras sur un mur de sous-sol québécois
Les traces de gras le long des murs révèlent les trajets réguliers des rongeurs

Les 7 signes d’une infestation active

  • Crottes fraîches (brillantes, molles au toucher avec gant) — taille grain de riz pour souris, olive pour rat

  • Grattements ou couinements nocturnes dans les murs, plafonds ou sous le plancher

  • Traces de gras (marques sombres) le long des plinthes ou autour des trous

  • Odeur musquée persistante, surtout dans les espaces fermés

  • Matériaux rongés : isolation effilochée, carton déchiqueté, fils électriques entamés

  • Nids de matériaux mous (papier, tissu, isolation) dans les recoins sombres

  • Emballages alimentaires percés ou rongés dans le garde-manger

Franchement, si vous cochez trois de ces signes ou plus, vous n’avez probablement pas affaire à un visiteur solitaire. Les souris vivent en groupe. Un rongeur aperçu, c’est souvent une dizaine qui se cachent. C’est pas pour vous faire peur — c’est la réalité du terrain.

Précautions sanitaires obligatoires avant tout nettoyage

Ne balayez jamais les crottes à sec. Selon les recommandations du CCHST, vous devez porter un masque N95, des gants jetables, et saturer les déjections avec une solution d’eau de Javel (1 partie pour 10 parties d’eau). Aérez la pièce au moins 30 minutes avant de commencer. L’aérosolisation des particules peut transmettre des maladies graves.

Et justement, parlons des risques. La souris sylvestre, qu’on retrouve beaucoup en milieu périurbain au Québec, est le principal vecteur du hantavirus au pays. Selon les données 2020 du CCNMI, 143 cas de syndrome pulmonaire à hantavirus avaient été confirmés au Canada, avec quatre à cinq nouveaux cas par an en moyenne. C’est rare, mais c’est sérieux. Pour mieux comprendre les risques sanitaires des déjections de mulots, une inspection rigoureuse s’impose avant tout nettoyage.

Souris, mulot ou rat : comment les différencier (et pourquoi ça compte)

« C’est une souris ou un mulot ? » Cette question revient dans à peu près chaque intervention. Et je comprends la confusion — ils se ressemblent. Mais savoir ce que vous avez change tout : le comportement n’est pas le même, les risques sanitaires non plus, et la stratégie d’intervention diffère.

Technicien en gestion parasitaire inspectant l'isolation d'un grenier résidentiel pour traces de rongeurs
L’inspection du grenier révèle souvent les premiers signes de nidification
Souris, mulot ou rat : le guide d’identification
Critère Souris domestique Mulot (souris sylvestre) Rat surmulot
Taille 6-9 cm (corps) 8-10 cm (corps) 20-25 cm (corps)
Crottes 3-6 mm, pointues 4-6 mm, pointues 12-18 mm, arrondies
Habitat préféré Intérieur (cuisine, garde-manger) Greniers, remises, boisés Sous-sols, égouts, fondations
Risque sanitaire principal Salmonellose, allergènes Hantavirus Leptospirose
Comportement Curieuse, explore rapidement Craintive, fuit la lumière Méfiant, évite les nouveautés

Le mulot — qu’on appelle aussi souris sylvestre — est celui qui m’inquiète le plus côté santé. C’est lui le principal réservoir du hantavirus au Québec. Si vous habitez près d’un boisé ou d’un champ comme beaucoup de maisons sur la Rive-Nord, c’est probablement lui votre visiteur indésirable.

Le rat, lui, c’est autre chose. Plus gros, plus destructeur. Selon le guide 2025 de l’INSPQ, le rat brun est un des principaux réservoirs de la leptospirose, une bactérie qui infecte l’humain par contact avec l’urine contaminée. Des crottes de la taille d’une olive ? Vous avez probablement des rats, et là, je recommande vraiment de consulter cette page sans tarder.

Pourquoi ça compte autant ? Parce qu’une souris domestique, vous pouvez parfois gérer avec des pièges mécaniques et du calfeutrage rigoureux. Un rat surmulot qui a trouvé accès à votre sous-sol ? C’est une autre histoire. Ils creusent, ils rongent le béton friable, ils reviennent tant que la source de nourriture existe.

Prévenir avant l’invasion : les gestes qui font vraiment la différence

Ce qui m’étonne toujours, c’est le nombre de propriétaires qui bouchent les trous avec de la laine d’acier seule. Dans mes interventions sur la Rive-Nord, je constate fréquemment cette erreur. Les souris finissent par la ronger ou la contourner. En quatre à huit semaines, elles sont de retour. Cette observation vaut surtout pour les maisons avec sous-sol — d’autres configurations peuvent donner des résultats différents.

La bonne méthode ? Combiner la laine d’acier avec un grillage métallique à mailles fines (6 mm ou moins) et sceller le tout avec du mortite ou du ciment. Une souris passe par un trou de la taille d’une pièce de dix cents. Ça paraît impossible, mais leurs os sont flexibles.


  • Premières intrusions — les rongeurs cherchent la chaleur avant le gel

  • Installation des nids — colonies établies dans l’isolation et les recoins

  • Reproduction active — portées toutes les 3 semaines (5-12 petits par portée)

  • Infestation visible — dégâts importants, population multipliée

Selon les données sur la souris commune au Québec, une femelle peut avoir entre 5 et 15 portées par an, avec 5 à 12 petits par portée. Faites le calcul. Une souris qui s’installe en septembre, c’est potentiellement des dizaines en mars si vous n’agissez pas.

Mon conseil après des années d’interventions

Je recommande toujours d’inspecter le grenier et le sous-sol en premier — c’est là que la majorité des nids se trouvent dans les maisons de la Rive-Nord. Faites-le en août-septembre, avant que les températures chutent. Cherchez les soffites mal fixés, les solins décollés autour de la cheminée, les conduits de sécheuse mal scellés. Ces trois points représentent facilement la moitié des entrées que je colmate.

Et si vous constatez déjà une infestation importante avec crottes fraîches partout, bruits constants et odeurs persistantes, consultez rapidement le protocole d’urgence contre les rats — les mêmes principes s’appliquent aux infestations sévères de souris.

Vos questions sur les infestations de rongeurs

Un seul rongeur vu signifie-t-il une infestation ?

Dans mon expérience, oui, presque toujours. Les souris sont des animaux sociaux qui vivent en groupe. Un rongeur aperçu en plein jour suggère souvent une population établie qui déborde de son territoire habituel. Inspectez immédiatement le grenier et le sous-sol pour confirmer l’étendue du problème.

Les souris peuvent-elles transmettre des maladies à ma famille ?

Oui. La souris sylvestre peut transmettre le hantavirus par ses déjections et son urine. Le rat brun est un réservoir de la leptospirose. Le risque reste faible si vous prenez les précautions de nettoyage appropriées (masque N95, gants, désinfection), mais il existe. Ne manipulez jamais les crottes à mains nues et n’aspirez pas à sec.

Combien coûte une extermination de souris au Québec ?

Ça dépend de l’ampleur. Pour une infestation légère (quelques souris, un point d’entrée), comptez entre 200 $ et 400 $ CA pour une intervention de base. Une infestation établie avec plusieurs nids et calfeutrage complet peut grimper à 600-1000 $ CA ou plus. Demandez toujours une inspection et un devis écrit avant de vous engager.

Mon chat peut-il régler le problème ?

Partiellement, au mieux. Un chat chasseur peut attraper quelques souris, mais il ne règle pas la source du problème. Les rongeurs vivent dans les murs, le grenier, les endroits inaccessibles au chat. Attention aussi : si vous utilisez des rodenticides, un chat qui mange une souris empoisonnée peut s’intoxiquer gravement.

Quand faut-il vraiment appeler un exterminateur ?

Appelez si vous voyez des crottes fraîches dans plusieurs pièces, si les bruits sont quotidiens, si vous sentez une odeur persistante, ou si vos tentatives de piégeage ne donnent rien après deux semaines. Plus vous attendez, plus la colonie grandit — et plus le coût d’intervention augmente.

Limites de ce guide et précautions sanitaires

Ce guide vous aide à identifier une infestation probable, mais il ne remplace pas l’expertise d’un technicien certifié pour confirmer l’ampleur du problème. Les délais de prolifération mentionnés sont des moyennes — chaque situation varie selon le type de rongeur et l’environnement. Les méthodes de prévention présentées réduisent les risques mais ne garantissent pas une protection totale. Pour une évaluation professionnelle, contactez un exterminateur certifié par l’AQGP (Association québécoise de la gestion parasitaire). Pour toute question de santé, appelez Info-Santé 811.

Et maintenant ?

Vous avez lu jusqu’ici, ce qui veut probablement dire que vous avez un doute sérieux. Voici ce que je vous suggère de faire dans les prochaines 24 heures :

  • Inspectez le sous-sol et le grenier avec une lampe de poche — cherchez crottes, traces de gras, matériaux rongés
  • Notez où vous avez entendu des bruits et à quelle heure (ça aide pour l’inspection professionnelle)
  • Ne touchez à rien sans gants et masque si vous trouvez des déjections
  • Si vous confirmez plusieurs signes, appelez un exterminateur cette semaine — pas le mois prochain

La question à vous poser maintenant : est-ce que je veux gérer ça moi-même avec le risque de voir la situation empirer, ou est-ce que je préfère dormir tranquille en sachant qu’un professionnel a réglé le problème à la source ?

Rédigé par Marc Dulac, technicien certifié en gestion parasitaire exerçant dans le secteur de l'extermination depuis plus de 15 ans. Basé sur la Rive-Nord de Montréal, il intervient principalement dans les résidences et commerces de Terrebonne, Mascouche et Repentigny. Son expertise porte sur l'identification des rongeurs domestiques, les méthodes d'exclusion durables et la prévention des réinfestations. Il privilégie une approche éducative pour aider les propriétaires à comprendre et anticiper les problèmes de nuisibles.